L’hôpital des chats : une révolution dans le soin à Chambéry

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Ils ou elles s’appellent Tika, Litou, Nana ou Lavande.

Ce ne sont pas des infirmières ou des médecins, mais bel et bien des chats que le centre hospitalier de Chambéry Savoie a recruté depuis plus de 2 mois.

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« On fait plus que surfer sur la tendance des bars à chats, c’est un changement de paradigme complet qui se joue là » nous explique Benoit Allard, responsable du projet sur le CH, avec Lune, une belle chatte grise aux yeux verts, sur les genoux. « Plusieurs études prouvent les bienfaits des chats sur le système immunitaire, en aidant naturellement à lutter contre les allergies et surtout les effets anxiolytiques car les chats détendent les patients. En plus, il n’existe pas à ce jour de contre-indication ! » continue l’employeur des félins.

Le projet, initié fin 2016 avec « docteur chat » en pédiatrie a fait très rapidement des émules.

The doctor white coat with stetoscope holding a catEn effet, en octobre de cette même époque, les épidémies hivernales commençaient à pointer. Il fut décidé dans un souci diagnostic de soumettre tout enfant avec des symptômes respiratoires à la présence d’un chat. Si ce dernier commence à présenter une crise d’asthme le verdict est clair comme de l’eau de roche : allergie aux animaux.

« Au début, je n’y croyais pas, mais avec le recul, c’est vraiment génial, rendez-vous compte : finis les prises de sang et les tests allergènes, là on met le chat et hop ! On a le diagnostic » s’exclame Le docteur Catherine Tach, pédiatre au CHMS.

Le concept a rapidement séduit les autres services, et aujourd’hui, on trouve des chats partout : en réanimation, au bloc opératoire, dans le service de gériatrie.

operation-colonne-vertebrale-chat-chamberyEt ces derniers font l’unanimité, même si quelques ajustements sont à prévoir comme en témoigne le Docteur F, chirurgien thoracique : « c’est vrai qu’un chat, au bloc, ça fait peur niveau hygiène mais au final, on le lave tous les jours au savon antiseptique, et avec le patient, ça permet de créer un fil rouge entre l’animal et la personne qui va être opérée, et de la détendre. Mais il reste quelques difficultés à gérer… »

Et quand on demande de préciser, le chirurgien, agacé, nous répond « le problème, c’est que 98% du temps, ça se passe très bien, et puis le reste du temps, pendant que j’opère, le chat saute sur la table d’opération et vient s’allonger sur la zone opératoire … La dernière fois, le patient a fait une septicémie au poil de chat et a fini en réanimation. Le chat l’a suivi et là, pareil, il s’est allongé sur sa tête, désadaptant même le respirateur … il a failli y passer quand même »

Eh oui, les chats restent des princes indépendants qui n’ont cure des prouesses technologiques des humains.

« C’est vrai qu’avec leurs comportements dédaigneux … ça force à l’humilité parfois » nous déclarera le même chirurgien.

Et les griffures ?

inflammation-testiculesIl est vrai que par respect pour la cause animale, le CHMS a refusé de couper les griffes des félins. Un seul accident a été déploré, comme en témoigne une infirmière du service d’urologie-andrologie de Chambéry : « Une fois, un chat jouait avec un patient atteint d’une inflammation des testicules. Tout se passait bien, le chat aidait le patient à oublier sa douleur et puis … je ne sais pas ce qui s’est passé … était-ce la pilosité de cette homme qui rappelait une pelote de laine ? Ou la couleur rouge de ses bourses enflammées ? Toujours est-il que le chat en voyant ça s’y est agrippé croyant avoir affaire à un jouet ». Heureusement il y a eu plus de peur que de mal pour cette homme qui n’a eu que quelques contusions comme séquelles.

Et cette histoire se finit d’ailleurs bien puisque dans le service de court séjour gériatrique, les patients âgés tricotent maintenant des petits chaussons pour ces félins thérapeutes.

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En tout cas, depuis quelques semaines, les résultats sont là : des patients contents, des soignants détendus, et des chats, ici ou là, toujours prêts à se faire câliner.

Ouvrez l’œil la prochaine fois que vous irez à l’hôpital de Chambéry.

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